Cet article est proposé conjointement par Loisir et Sport Abitibi-Témiscamingue et la Direction de santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) aux gestionnaires et organisateurs publics et privés d’activités de loisir, de sport, de plein air et d’activité physique. Il fait référence aux directives du Gouvernement du Québec en date du 17 août 2020 et l’information présentée ne remplace en aucun cas les décisions et sources gouvernementales.

Les plus récentes annonces du gouvernement et l’assouplissement de certaines mesures sanitaires peuvent réjouir les organisateurs d’activités de loisir et de sport, mais leur interprétation soulève souvent des questionnements. Cet article vise à clarifier les directives de la santé publique et comprendre comment elles s’appliquent spécifiquement au milieu sportif.

D’abord, il est important de souligner que les règles de distanciation physique et du port du couvre-visage doivent être respectées pour tenir des activités sportives. Aussi, il est primordial de savoir que l’application des règles sanitaires annoncées pour les évènements culturels ne s’appliquent pas nécessairement au milieu sportif et que des distinctions importantes existent toujours entre les activités intérieures et extérieures, tant au niveau des règles sanitaires qu’en termes de responsabilités.

ACTIVITÉS SPORTIVES INTÉRIEURES

NOMBRE DE PERSONNES

Sur un plateau sportif intérieur (aréna, gymnase, palestre, etc.), toutes les personnes dans un même espace sont comptées dans la limite de 250 personnes maximum. Cela comprend les athlètes, les entraîneurs, le personnel de soutien, les spectateurs et toutes autres personnes présentes sur les lieux de l’activité. Même si les estrades ont une entrée indépendante, elles font partie du même espace et la limite demeure à 250 personnes.

La règle des 250 personnes maximum s’applique pour un espace et non pour une bâtisse complète. Cela veut dire que si, dans un bâtiment, il y a deux plateaux sportifs indépendants (non contigus), chacun de ces plateaux peut accueillir jusqu’à 250 personnes selon sa capacité à faire respecter les mesures de distanciation physique.

EXEMPLE :

Dans un complexe sportif, un gymnase accueille une compétition sportive. La somme des participants (athlètes, entraîneurs, officiels, organisateurs, etc.) et des personnes présentes dans les gradins ne doit pas excéder 250. Au même moment, dans ce même complexe sportif, la palestre, utilisée comme plateau distinct, peut aussi accueillir jusqu’à 250 personnes si les règles sanitaires sont respectées.

PORT DU COUVRE-VISAGE

Le port du couvre-visage ou du masque est obligatoire pour les personnes à l’intérieur, mais il peut être retiré dans la mesure où la personne est assise et respecte une des conditions suivantes :

  • Une distance de deux mètres est maintenue avec toute autre personne qui n’est ni un occupant d’une même résidence privée ou de ce qui en tient lieu, ni une personne qui lui fournit un service ou un soutien;
  • Elle est séparée par une barrière physique permettant de limiter la contagion de toute personne qui n’est ni un occupant d’une même résidence privée ou de ce qui en tient lieu, ni une personne qui lui fournit un service ou un soutien;
  • Des exceptions s’appliquent en fonction de certaines activités (ex : repas), de l’âge, de l’état de santé et pour fin d’identification.

À noter que le port du couvre-visage ne remplace pas la distanciation physique (2 mètres). Autrement dit, le fait de porter un couvre-visage ne permet pas de s’asseoir à moins de deux mètres d’une autre personne si aucune condition énumérée précédemment n’est respectée.

Les athlètes et les officiels n’ont pas à porter de couvre-visage lorsqu’ils sont en action.  Les entraîneurs doivent porter le couvre-visage, même pendant un match, lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter les conditions mentionnées.

EXEMPLES :

Dans le vestiaire, les athlètes doivent porter un masque s’il n’y a pas de barrière physique entre eux ou si la règle du 2 mètres ne peut être respectée. Le même principe s’applique au public dans les gradins.

Derrière le banc des joueurs, l’entraîneur d’une équipe de hockey doit porter son couvre-visage s’il n’est pas en mesure de demeurer en tout temps à 2 mètres ou plus des athlètes.

RESPONSABILITÉ

Les autorités reconnues et responsables des plateaux sportifs (municipalité, commission scolaire, privé, etc.) ont plusieurs responsabilités en ce qui concerne l’application des règles sanitaires:

  • Il y a une obligation de protéger la santé des employés et des bénévoles en fonctions des règles de la CNESST. S’il y a une entente de prêt de plateau (par exemple, entre une municipalité et un club sportif), la responsabilité revient au club de s’assurer de la santé et sécurité de ses bénévoles.
  • Il est interdit à l’exploitant d’un lieu qui accueille le public d’y admettre une personne qui ne porte pas un couvre-visage ou de tolérer qu’une personne qui ne porte pas un couvre-visage s’y trouve, à moins d’exceptions (Décret 810-2020, 15 juillet 2020);
  • S’il n’est pas possible de faire respecter le port du couvre-visage ou les autres règles sanitaires en vigueur, il y a obligation de faire cesser l’évènement, même s’il est en cours.

Bref, les autorités reconnues sont responsables de l’application des règles dans leur établissement. Si l’affichage ne permet pas de faire respecter les mesures sanitaires, dont la distanciation physique et le port du couvre-visage, d’autres moyens devront être envisagés (par exemple, mandater un employé qui s’assurerait de faire respecter ces mesures).

ACTIVITÉS SPORTIVES EXTÉRIEURES

NOMBRE DE PERSONNES

Dans le décret 817-2020 du 5 août 2020, le gouvernement du Québec fait une distinction concernant les rassemblements extérieurs: « […] dans le cas d’un rassemblement ouvert aux personnes du public, seules ces personnes soient considérées dans le nombre maximal de personnes pouvant être rassemblées dans un lieu extérieur public en application de l’alinéa précédent […] ».

En d’autres mots, tous les athlètes, entraîneurs, personnel de soutien ou toutes autres personnes qui participent à un évènement sportif sont considérés dans la règle des 250 personnes maximum. Toutefois, tous les spectateurs qui assistent à cet événement sont considérés distinctement dans la règle des 250 personnes maximum. Au total, il pourrait donc y avoir jusqu’à 250 spectateurs, en plus de tous les autres participants, si la règle de distanciation physique est respectée.

EXEMPLE :

Sur un terrain de soccer extérieur, jusqu’à 250 personnes peuvent se trouver dans les gradins, en plus de tous les autres participants à l’activité (athlètes, entraîneurs, officiels, organisateurs.

PORT DU COUVRE-VISAGE

Comme pour les activités tenues à l’intérieur, le couvre-visage doit être porté lorsqu’il n’est pas possible de respecter une distance de 2 mètres ou en l’absence d’une barrière physique.

Les athlètes et les officiels n’ont pas à porter de couvre-visage lorsqu’ils sont en action.  Les entraîneurs doivent porter le couvre-visage, même pendant un match, lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter l’une des deux conditions mentionnées.

RESPONSABILITÉ

Toujours selon le décret 817-2020 du 5 août 2020, c’est à l’organisateur d’une activité de s’assurer que la capacité d’accueil du lieu où se tient le rassemblement permette de respecter la distanciation physique de 2 mètres entre les personnes et il doit s’assurer que soient respecter les règles sanitaires. L’organisateur a aussi le devoir de mettre fin à l’activité si la limite de 250 personnes est dépassée ou si les règles sanitaires ne sont pas suivies adéquatement.

Par ailleurs, il est interdit pour une municipalité ou toute autre autorité compétente de délivrer un permis ou une autorisation de tenir une activité qui ne pourrait pas se dérouler dans le respect des règles sanitaires.

Comme pour les activités intérieures, il y a une obligation de protéger la santé des employés et des bénévoles en fonctions des règles de la CNESST.

EXEMPLE :

La municipalité prête son terrain de balle au club local pour l’organisation d’un tournoi. C’est le club local qui est responsable de l’application des mesures sanitaires par les participants. Le club local a également l’obligation d’arrêter l’activité, même si elle est en cours, si elle constate que l’une des règles n’est pas respectée.

AUTRES RÈGLES ET RECOMMANDATIONS

D’autres règles sanitaires et recommandations peuvent s’appliquer aux activités sportives, qu’elles soient tenues à l’intérieur ou à l’extérieur.

REGISTRE

Plusieurs fédérations sportives suggèrent fortement de tenir un registre lors d’évènements. Sans être obligatoire, il s’agit d’une recommandation de la santé publique. Cette mesure permet de retracer plus facilement et rapidement les personnes concernées en cas d’éclosion.

EXEMPLE :
Lors d’une joute sportive, une personne à l’entrée recueille l’identité et les coordonnées de chaque spectateur et spectatrice. Le registre comprend également le nom de tous les participants (athlètes, officiels, organisateurs) qui ont été obtenus lors de l’inscription.

MESURES SANITAIRES ET GUIDES DE RELANCE

D’autres mesures sanitaires doivent être respectées. Plusieurs fédérations sportives proposent des guides de relance et autres documents pertinents qui suggèrent de bonnes pratiques à adopter dans le contexte actuel.

EXEMPLE :

Les crachats (ou autres actions du genre) sur les plateaux sportifs sont interdits. Les poignées de main, accolades et autres gestes habituellement vus dans le sport et qui ne favorisent pas la distanciation physique sont également à proscrire.

DÉSINFECTION

En ce qui concerne la désinfection des lieux, la CNESST offre des outils spécifiques au secteur du sport, du loisir et du plein air. Ainsi, il est important d’assurer la sécurité de ses employés et, le cas échéant, de ses bénévoles. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) fait également des recommandations concernant la désinfection.

APPLICATION DES RÈGLES

Il serait idéal qu’une ou un employé, sur un plateau sportif, réagisse dans l’immédiat si une ou plusieurs mesures ne sont pas respectées (exemple : un entraîneur qui ne porte pas son couvre-visage). Il serait important qu’il ou elle ait les ressources pour informer les autorités reconnues afin qu’elles puissent intervenir de façon diligente.

Aussi, quiconque peut appeler la Sûreté du Québec si un événement n’est pas conforme aux mesures sanitaires dictées par le gouvernement du Québec et la santé publique et qui craint pour sa santé ou celles des autres (par exemple : lors d’un événement sportif, si les spectateurs ne respectent pas la règle de distanciation, un des spectateurs qui considère que la situation pourrait mettre sa santé à risque peut contacter les policiers afin qu’ils interviennent). L’utilisation du 911 n’est pas souhaitable pour ce type de plainte et le numéro local du service de police est donc à privilégier.

SOUTIEN-CONSEIL ET ACCOMPAGNEMENT

Loisir et Sport Abitibi-Témiscamingue est en mesure de soutenir et d’accompagner les municipalités, écoles, clubs et associations dans la reprise de leurs activités de loisir, de sport, de plein air et d’activité physique. Son équipe de conseillers et conseillères en loisir est disponible et attentive aux besoins particuliers émanant de cette situation particulière.

Pour nous joindre :
819 825-2047
[email protected]
Répertoire du personnel

La direction régionale de santé publique peut également collaborer avec les associations, clubs, municipalités, organismes et entreprises afin de les aider à comprendre le cadre du décret et proposer des mesures. Elle n’a pas le pouvoir de permettre ou d’interdire une activité qui n’est pas sous sa juridiction.

Pour nous joindre :
[email protected]

Photo: Centre Michel-Brière, Malartic